La Guinée et la Sierra Leone ont officiellement tourné la page de l’incident frontalier survenu le 22 février 2026, avec la mise à disposition des seize militaires sierra-léonais interpellés par les Forces armées guinéennes. Une issue diplomatique qui marque un retour au dialogue après plusieurs jours de tensions et de versions contradictoires.
L’affaire avait éclaté à la suite d’un incident à la frontière entre la Guinée et la Sierra Leone. Dans un communiqué publié le 24 février, le gouvernement sierra-léonais affirmait que des éléments des Forces armées guinéennes avaient franchi la frontière et appréhendé des membres de ses forces de sécurité déployés dans la localité de Kaleyereh, district de Falaba.
De son côté, l’État-major général des Armées guinéennes soutenait que des militaires sierra-léonais armés avaient pénétré sans autorisation sur le territoire guinéen, dans la préfecture de Faranah, avant d’être interpellés. Conakry indiquait avoir saisi du matériel et remis les éléments arrêtés à la police judiciaire pour enquête.
Des versions opposées qui ont ravivé les sensibilités autour de la délimitation frontalière entre les deux pays voisins.
Une initiative diplomatique de haut niveau
L’évolution décisive est intervenue à la faveur d’une initiative diplomatique conduite au plus haut niveau. Le ministre guinéen des Affaires étrangères, Dr Morisanda Kouyaté, a introduit auprès du Premier ministre, Amadou Oury Bah, une délégation sierra-léonaise conduite par son homologue Alhaji Musa Timothy Kabba.
Mandaté par le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, le chef de la diplomatie de Freetown a transmis un message de salutations fraternelles et réaffirmé la volonté de son gouvernement de privilégier la voie du dialogue, selon le compte-rendu issu de la rencontre. Il a salué l’esprit d’ouverture des autorités guinéennes et exprimé sa reconnaissance pour la mise à disposition des seize éléments interpellés, ajoute-t-il.
Côté guinéen, le ministre Morisanda Kouyaté a indiqué que, sur instruction du président Mamadi Doumbouya, la situation avait été gérée dans un esprit de responsabilité et de retenue, en privilégiant la fraternité africaine et l’apaisement.
Une commission conjointe pour prévenir de nouveaux incidents
Au-delà de la libération des militaires, les deux États ont convenu de mettre en place une commission conjointe et permanente chargée d’examiner les questions frontalières et de prévenir tout nouvel incident.
Cette décision marque un tournant dans la gestion du différend. Elle traduit la volonté commune de consolider la paix, de renforcer la confiance mutuelle et de préserver les relations historiques entre Conakry et Freetown.
En l’espace de quelques jours, une situation à potentiel d’escalade militaire s’est ainsi transformée en opportunité diplomatique. Si les versions initiales des faits demeurent divergentes, la priorité affichée par les deux capitales est désormais la coopération et la stabilité régionale.