Créé au début des années soixante, le Bembeya Jazz National est le plus célèbre groupe de musique de l’histoire de la Guinée. L’origine de son nom provient de la rivière qui traversait Beyla, une ville située au Sud-Est de la Guinée, où le groupe a vu jour en Avril 1961. Selon la légende, cette fameuse rivière inondait une partie de la ville en débordant de son lit et du bas fond, en saison sèche et elle pouvait également tarir en août, en pleine saison de pluies. Plus mystérieux encore il y avait une minuscule forêt tout près d’elle, de laquelle provenaient des sons, généralement dans la nuit du jeudi au vendredi. Un mythe confirmé par certains sages de la localité.

Très vite, le Bembeya Jazz se hisse au sommet des hits parades guinéens et africains dans les années 1960 et 1970. Ses titres feront danser tout le continent africain, mais aussi au-delà. Ce succès, il le doit à Aboubacar Demba Camara, poète et surtout le chanteur soliste du célèbre orchestre. Mais un tragique événement (un accident de la circulation fatal à ce dernier, le 4 Avril 1973, à Dakar où il était attendu pour un grand concert) marque un coup dur pour le groupe.
En 1958 lorsque la Guinée est devenue la première colonie française d’Afrique noire à accéder à l’indépendance, le président Ahmed Sekou Touré décide d’amorcer une révolution culturelle pour donner à la jeune Nation une identité culturelle forte et moderne. Pour arriver à son objectif, il décrete que chacune des 33 préfectures va se doter d’un théâtre, d’un ensemble folklorique, d’un ballet de dense traditionnelle et d’un orchestre. C’est dans cette optique que le Bembeya Jazz National est créé. Bénéficiant du soutien de Leo Sarkinistan, un américain d’origine arménienne, il enregistre en 1962 son premier disque. En 1966 après un voyage à Cuba en pleine guerre froide où le groupe se produit devant Fidel Castro, il obtient le titre d’orchestre national. L’originalité du groupe, c’est son savoir faire caractérisé par un mélange des mélodies de griots retranscrites par des guitares électroniques avec des rythmes inspirés par la Rumba zaïroise et la musique cubaine.
À la mort d’Ahmed Sekou Touré en 1984, il connaitra beaucoup de difficultés pour se relever. Certains membres décident alors d’évoluer en solo ; c’est le cas de Sekouba Bambino. Le Bembaya Jazz était composé des personnes originaires de toutes les régions de la Guinée, ainsi que quelques uns venus des pays de la région ouest-africaine.
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Merci Thierno pour cette retropection de la culture Guineenne ignorer par la nouvelle generation
Merci mon cher Ibrahima.
Dans l’ensemble les faits que vous relatez correspondent à la vérité. Cependant, on ne devrait pas conclure que Sékou Touré ait eu un role sans tache ni intérêt dans la promotion de la musique guinéenne. Sékou Touré cherchait surtout à ce que l’on chante ses louanges, s’il le faut en falsifiant l’histoire. C’est ainsi que dans “l’Epopée mandingue”, sans aucune preuve historique on a fat de Sékou Touré, un petit-fils de l’Almamy Samory. De nombreux témoignages publiés après la mort de ce dictateur sanguinaire soutiennent plutôt qu’il n’y a aucune relation de parenté entre l’Almamy et lui.
Déjà avant l’indépendance, notre culture musicale était bien connue hors de nos frontières. Les Ballets africains de Keita Fodéba sillonnaient le monde depuis 1950, tandis que la voix chaude de Kouyaté Sory Kandia était connue dans toute l’Afrique occidentale française, malgré son jeune âge. Le premier fut une des victimes du bourreau Sékou Touré et dut creuser sa tombe en compagnie de Barry Diawadou et d’autres illustres hauts cadres du pays, avant d’être exécutés. Quant au second, il mourut dans la pauvreté, parce qu’il refusait de chanter les louanges du dictateur.
Merci M. Bah pour ces informations
Thierno tu sais, nous oublions parfois notre histoire. La jeunesse ne sait vraiment pas cette histoire là. Mais, à travers ce billet, je me rends compte que tu essaies de masquer l’oubli, d’écrire à ta manière cette histoire musicale en perdition. Je te tire un coup de chapeau. En lisant ton billet, je me rends compte que le Bembaya Jazz s’est produit devant Fidel Castro. Il a été orchestre national. C’est vraiment à ne pas oublier. Tu vois, u écris l’histoire, à travers ta partition de blogueur.
Oui Josianne, nous devons écrire nous-mêmes notre histoire pourvu que nous veillons qu’elle ne soit pas déformée.
Donnez nous des anecdotes de votre séjour au Cuba j’aime la musique de bembeya jazz bon courage et bon vent
le bembeya etait grand et fort . A travers le son de tous ses instruments et la voix de son maitre ADC etait incontestablement l’orchestre le plus ecouté de notre temps dans le monde entier . partout ou je m’etais rendu en afrique. Ce Bembeya avec qui nous avons evoluéfaisait trembler tous ses spectateurs de ses qualités jusqu’au sens de ses phrases sucitait trop d’emotions a tout le publique. Celui qui n’a pas vecu avec lui ne peut savoir la dimention intelligente de Messieu. Grace a lui et sory kandian la radio guineenne etait a l’ecoute partout en afrique. Le develloppement de la technologie nous a permis de revivre ces moments Nous vous remercions tres chaleureusement