Les coxeurs, autres acteurs des transports en commun

 

                                                              Crédit photo : cireass

Le secteur des transports constitue de nos jours un vaste espace de business où vivent des nombreuses  personnes. En parlant de ses acteurs, on pense souvent aux syndicats, chauffeurs, voyageurs et agents de la police routière. Mais en Guinée, particulièrement à Conakry, un autre groupe  d’acteurs s’est parfaitement intégré : les coxeurs.

Ces jeunes dont l’âge varie entre 8 et 25 ans ont soit quitté l’école très tôt, soit ne l’ont jamais fréquenté. Leur objectif commun c’est la recherche de quoi se nourrir. On les retrouve au niveau de chaque carrefour, gare et rond point de la ville de Conakry.
Ils sont tous de sexe masculin.
Dès qu’un taxi s’arrête ce sont ces jeunent qui courent vers le chauffeur et prennent l’information sur sa destination finale, suivi bien entendu de la recherche des passagers et l’installation de leurs éventuels bagages.
Après avoir exécuté cette mission, le chauffeur avec qui ils sont en étroite collaboration met la main dans sa poche et leur donne une modique somme se situant entre 500 et 1000 Francs guinéens, environs 50 à 100 FCFA. Cette somme constitue leur principale source de revenu. Après avoir passé toute la journée à faire la collecte des petits billets, ça leur permet d’acheter le manger.

Ces gens, souvent issus des familles pauvres, se sont donnés rendez-vous dans les rues à causes des diverses raisons. Pour les uns, ils se sont sentis abandonnés par leurs propres parents. C’est pourquoi ils sont dans les rues afin qu’ils puissent se prendre en charge eux même. Alors que pour les autres c’est pour des raisons de problèmes financiers qui touchent la famille qu’ils ont choisi ce travail. D’aucuns disent  que cette activité leur donne la possibilité de financer leurs études. Mais cela est peu convainquant, du fait que ceux-ci ressemblent purement et simplement à des enfants.

En Guinée, la plupart des écoles appartiennent au secteur privé, pour une population dans laquelle plus de 1 habitant sur 2 vit sous le seuil  de la pauvreté. Quelques temps après le départ de l’école (pour ceux qui ont été là-bas) certains au lieu d’apprendre un métier, préfèrent tout simplement rejoindre les carrefours des grandes artères de la ville pour « chercher de l’argent ».

Les matins et les soirs sont les moments défavorables à ces jeunes, car en ces moments les chauffeurs arrivent facilement à faire le plein de passagers même les propriétaires des taxis de la merde.
Quant aux magbana, c’est-à-dire les minibus, les coxeurs n’ont rien à foutre chez eux. Ici c’est l’apprenti qui joue le rôle du rabatteur et du comptable. De Kagbeilen à Dixinn en passant par Sonfonia, Cosa, Bambéto, Hamdallaye sur le long de la route Le Prince, etde l’autre côté de la ville sur l’axe Dabompa, EntaMatoto… jusqu’au marché de Madina situé sur l’Autoroute Fidel Castro, leur présence ne fait guère de doute.

Sous un soleil de plomb au mois de Mars comme sous une pluie battante en août on ne les manque pas à ces endroits, étant donné que la plupart d’entre eux sont  des SDF (ce ne sont pas des sans difficultés financières hein, j’ai bien dit des sans domiciles fixes). Ils passent la nuit à la belle étoile ; dans les terrasses des magasins ou parfois sous les tables destinées au commerce qui sont installées au niveau des carrefours. Si les coxeurs sont en grande partie à la recherche de quoi se nourrir, par contre d’autres se rendent coupables de vol, de vente de produits stupéfiants ou de violentes bagarres qui peuvent éclater à tout moment.

Ce milieu est très propice à la délinquance juvénile. Ils cherchent l’argent, volatilisent les  objets de grande valeur notamment des téléphones portables, des bijoux, des porte-monnaie, etc.

Contrairement aux conducteurs de motos taxis les coxeurs vivent dans une extrême pauvreté, qui ne dit pas son nom.

Enfin, il est à signaler que bon nombre de ces jeunes deviendront plus tard des chauffeurs de taxi. Vraisemblablement, l’expérience acquise au fur des années est passée par là.

cireass

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6 Commentaires

  1. Oui une réalité de la dureté qui frappe nos camarade rester au pays et dont l’avenir ses assombris a telle point que la seul issue reste la drogue le vol ou le grand banditisme c’est triste pour un. Beau pays comme le notre.

  2. Quand il n’y a pas des bonnes initiatives pour les jeunes, ils se cherchent eux-memes de chemin à suivre. Celui du grand banditisme puisque la plupart de ces jeunes “coxeurs” sont des grands voleurs lorsque l’occasion se presente

  3. Une belle narration je t’encourage mon frere du courage, une triste realite de la jeunese Guineenne qui est deplorable .

  4. c’est surtout la preuve de l’incapacité des Etats africains… Je serai tenté de soutenir qui tentent plutôt de survivre dans un milieu totalement hostile aux plus faibles

    • Oui Serge, lorsque l’État qui doit assurer le minimum de conditions pour permettre à ses jeunes de trouver du travail est en fiasco on assiste à la naissance des activités leurs permettant de survivre. Ce qui est surtout déplorable c’est le fait que ce qu’ils gagnent est très minime et difficilement leur avenir est ponctué de réalisme ici.

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