La Haute Autorité de la Communication (HAC) de la République de Guinée a suspendu Lamine Guirassy, PDG du groupe Hadafo Médias et animateur principal de l’émission « Les Grandes Gueules » (émission phare de son groupe médiatique dont les stations de radio Espace FM et Sweet FM ainsi que la Chaîne Espace TV sont fermées par le gouvernement guinéen depuis mai 2024), de toute activité journalistique jusqu’à nouvel ordre. La décision, prise et rendue publique ce mercredi 11 juin 2025, intervient à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une fausse alerte sismique attribuée à M. Guirassy.
Son compte sur le réseau social X avait annoncé, via une publication dans la nuit du 10 au 11 juin, un séisme de magnitude 7 ayant prétendument frappé le quartier de Petit Simbaya à Conakry. Une information démentie par les autorités locales et des résidents du quartier.
L’organisme de régulation estime que cette publication a semé la panique au sein de la population et constitue une violation des principes de vérification et de responsabilité dans la diffusion de l’information. Selon la HAC, la sortie du journaliste représente une faute professionnelle grave susceptible de troubler l’ordre public. Elle justifie sa décision par les textes régissant le fonctionnement des médias en Guinée, notamment les lois relatives à la liberté de la presse et au fonctionnement de l’autorité de régulation.
Une personnalité médiatique bien connue des Guinéens
Lamine Guirassy est l’un des visages les plus connus du paysage médiatique guinéen. À la tête de plusieurs stations de radio et d’une chaîne de télévision, il a contribué à donner une place centrale à l’émission « Les Grandes Gueules » dans le débat public national. Son style direct, ses prises de position critiques et son engagement en faveur de la liberté d’expression lui ont valu une large audience, mais aussi des tensions récurrentes avec les autorités.
Une décision différemment appréciée
Cette nouvelle suspension suscite des réactions partagées au sein de l’opinion publique. Si certains considèrent la décision comme une mesure disciplinaire nécessaire, d’autres y voient une nouvelle illustration des pressions exercées sur le journalisme indépendant. D’autant que le contexte actuel est marqué par plusieurs restrictions et des fermetures touchant uniquement la presse privée. Dans ce cadre, l’affaire relance le débat sur les conditions d’exercice du journalisme en Guinée.
Aucune indication n’a pour l’instant été donnée sur la durée de cette interdiction. En attendant, cette suspension soulève des interrogations sur l’avenir du journalisme dans le pays.