Le mardi 26 novembre 2024 s’est ouvert devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’Abidjan un procès retentissant visant 13 gendarmes et indicateurs, impliqués dans un vaste réseau de trafic de cocaïne. Dans cette affaire, Valy Traoré, dit « Ali le Douanier », comparaît non pas en tant qu’accusé principal, mais comme témoin. Il avait déjà été condamné dans le cadre de ce dossier. Une nouvelle audience est prévue ce jeudi 28 novembre 2024.
Une saisie spectaculaire à Angré en février 2021
L’affaire trouve son origine en février 2021, lorsqu’environ 1,5 tonne de cocaïne (soit environ 50 sacs, à raison de 23 kg par sac) est découverte dans une garçonnière située à Angré. La drogue était soigneusement dissimulée dans des sacs de cacao.
Une compagne trahisseuse ?
Selon les déclarations recueillies à l’audience, la compagne de Valy Traoré aurait collaboré secrètement avec la gendarmerie, déclenchant l’enquête. À la barre, Traoré aurait confié : « Je ne savais pas qu’elle était en relation avec la gendarmerie. »
Détournement de drogue au sein des forces de l’ordre
L’un des éléments les plus graves de ce dossier concerne le détournement d’au moins dix sacs de cocaïne (environ 220 kg) par des membres de la cellule anti-drogues du port d’Abidjan, au détriment de l’État. Ce détournement a été confirmé lors des audiences, et des condamnations sont intervenues en mars 2025 à l’encontre de l’ancien chef de cette cellule ainsi que d’autres responsables.
Controverse autour de la valeur estimée de la marchandise
L’article initial évoquait une valeur de la marchandise estimée à 4,5 milliards de FCFA. Cette estimation circulait dans certains médias locaux, mais d’autres sources évoquent des montants bien plus élevés, jusqu’à environ 25 milliards FCFA, ce qui suggère que la première estimation pourrait être sous-évaluée. Il est donc préférable de présenter cette valeur comme une fourchette non définitive.
Des ramifications jusqu’à la mode ?
Par ailleurs, un nom a émergé dans les débats : Claire D., styliste réputée, cité comme liée au réseau. Ce lien concret n’a cependant pas été confirmé par les juridictions ; il s’agit pour l’instant d’une mention relayée par la presse locale.
Enjeux institutionnels et confiance publique
Cet épisode judiciaire, loin d’être anodin, met en lumière des failles dans certaines unités de sécurité, et ravive la question de la corruption au sein des forces de l’ordre en Côte d’Ivoire. Ce procès est un enjeu majeur pour la justice ivoirienne et la restauration de la confiance citoyenne.